Être végane.

Être végane : quatre ans de réflexions

Cela fait maintenant quatre ans que j’ai rejoint le monde végane et ce sont autant d’années de réflexions sur mes choix de vie.

Pourquoi es-tu végane ? C’est pas trop dur ? Mais comment tu fais ? Depuis le début, les mêmes questions reviennent régulièrement, les curiosités sont piquées, des critiques négatives et moqueries sont lancées (même si elles se raréfient, et c’est tant mieux), et on me parle parfois du cri de la carotte et des hommes préhistoriques. Je me suis dit qu’il y avait là de quoi écrire une petite série d’articles dont voici le premier chapitre.

Entrée en matière

Avant toute chose, je tiens à préciser que je n’ai aucune (mais absolument zéro) ambition de convaincre qui que ce soit à se tourner vers un mode de vie végane. J’ai simplement envie de raconter qui je suis et être végane en est un aspect important.

Pour rappel, les personnes ayant une alimentation végétarienne ne consomment rien qui ait entraîné la mort d’animaux (la base c’est la viande et le poisson). Les personnes ayant une alimentation végétalienne ne mangent aucun produit d’origine animale (on ajoute donc les produits laitiers et les œufs par exemple). Enfin, les véganes refusent tout produit ou activité provenant d’animaux ou de leur exploitation.

Le véganisme est en général considéré comme un mode de vie puisqu’au delà de l’alimentation, nous refusons les textiles comme la laine ou la soie, les produits testés sur les animaux, et toute activité qui implique un animal (inutile donc de nous proposer un tour de calèche ou une sortie à l’aquarium).

Plats véganes.

Un premier pas en 2014

C’est en 2014 à Londres que je découvre en même temps le végétarisme et le véganisme. J’avais alors une très vague connaissance du premier et ignorais tout du second. Une collègue, elle-même végétarienne à forte tendance végane, m’a expliqué beaucoup de choses et m’a fait découvrir de nouveaux ingrédients dont je ne soupçonnais même pas l’existence.

Mes réflexions ont fait leur bout de chemin. J’ai d’abord décidé d’être végétarienne chez moi et de faire comme je pouvais à l’extérieur (très facile à Londres). Je n’ai jamais été une grande fan de viande mais jamais, ô grand jamais, je n’aurais abandonné le fromage.

Pourtant, à mesure que je me renseignais sur le sujet, le véganisme est devenu une évidence. Toutes les raisons qui m’ont fait devenir végétarienne pouvaient aussi s’appliquer aux sous-produits d’origine animale. Je venais juste d’emménager à Paris et j’ai adopté le végétalisme chez moi, tout en faisant preuve de plus de souplesse à l’extérieur. Je ne voulais pas être la végé-relou qui embête tout le monde quand il s’agit de manger.

Je me suis prise d’une grande passion pour la réalisation de bentos (vous les appelez peut-être gamelles, boîtes à lunch, ou boîtes déjeuner). Chaque midi, ces mets colorés préparés avec amour par moi-même apportaient un peu de joie dans un quotidien professionnel inintéressant.

Joie colorée du midi

Le deuxième pas en 2016

Il y a deux ans, fraîchement installée à Toronto, j’ai décidé de ne plus faire de concessions et de passer du côté végane de la force. Pour toujours (peut-être). Au-delà de mon alimentation, j’ai décidé de ne plus acheter de vêtements en cuir, en laine ou en soie. Cependant, plutôt que de jeter, je préfère continuer à porter ce que j’ai déjà et remplacer chaque pièce petit à petit, en fonction de leur usure. Du côté des cosmétiques, je fais attention à ce que le peu que j’achète soit naturel, biologique et végane.

Mais pourquoi me demanderez-vous ? J’ai tout simplement l’intime conviction que c’est l’un des meilleurs choix que j’ai pu faire à titre personnel. Que ce soit pour l’environnement, pour les animaux, pour ma santé, pour des questions éthiques et humaines, toutes les raisons qui ont fait pencher la balance vers le véganisme s’entrecroisent et c’est cet ensemble qui me semble pertinent et cohérent.

Être végane.

D’autres pas ?

Je ne sais pas s’il y aura un troisième pas, puis un quatrième, etc. Je ne vois pas quelle autre étape importante pourrait s’ajouter à mon véganisme actuel. Cependant, j’affine en permanence mes convictions et les limites que je me fixe. Je ne considère pas mon véganisme comme quelque chose d’intangible, mais plutôt comme une suite infinie de réflexions qui ne cessera jamais d’évoluer.

 Je sais que certaines de mes conceptions ont légèrement changé au fil du temps. J’ai fait des concessions hier que je ne me permettrais plus aujourd’hui, mais l’inverse est aussi vrai. Je remets sans cesse en question mes choix et idéaux, mais aussi le modèle de société dans lequel je vis et comment je m’y place.

Je ne me flagelle pas pour des erreurs. Après tout, la perfection n’existe pas, la police végane non plus.

2 Commentaires

  • Répondre Lair_co 18 octobre 2018 à 22 h 47 min

    J’aime beaucoup ton idée comme quoi les limites d’hier ne sont plus celles d’aujourd’hui, et vice versa. Que ce soit d’un point de vue humain, écologique ou de fin d’exploitation animale, les choses ne sont toujours pas binaires, et il est bon de toujours se poser des questions, entendre et évoluer.
    Oui c’est tout.
    Oh si, tes bentos <3 <3

    • Répondre Cécile 29 octobre 2018 à 19 h 31 min

      C’est un très long cheminement, mais je suis prête à toujours tout remettre en cause 🙂
      Et merci pour les bentos !

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