Histoires expatriées : mon intégration à Toronto

Même si je ne suis pas sûre de savoir quels sont les critères qui montrent que l’on est « bien » ou « mal » intégré•e dans un pays, voici ce que je pense de mon intégration à Toronto.

L’intégration ?

On parle souvent de l’intégration des personnes étrangères, mais que veut-on dire exactement ? Est-ce qu’on parle de la façon dont elles s’intègrent ou de la façon dont on les intègre ?

Je pense que je (me) suis intégrée et que cela n’a pas été très compliqué. Il faut le reconnaître : je suis une occidentale qui a émigré dans un pays occidental.

À Toronto, la diversité culturelle est tellement forte qu’il est assez facile de se fondre dans la masse. Je ne sais pas si mon intégration aurait été la même dans une autre ville plus petite, ou dans une autre province. Les récits d’expat’ se trouvant ailleurs au Canada me font penser que l’intégration n’y est pas forcément uniforme.

Je suis régulièrement confrontée à des chocs culturels mais ils sont toujours relativement minimes et faciles à surmonter. 

Adopter les codes

Je ne me pose plus de questions lorsqu’il s’agit de donner un pourboire au restaurant. J’ai pris l’habitude de payer ma carte de crédit tous les mois. Je sais que la plupart des prix sont affichés hors taxe et qu’en Ontario il faut ajouter 13 %.

Je dis « sorry » au moins 15 fois par jour, même quand je n’ai rien fait. Je fais la queue pour mon monter dans un bus et je ne dis rien quand quelqu’un passe devant tout le monde. Parfois je m’étonne à ajouter un « eh » à la fin d’une phrase. 

Je jongle entre les unités de mesure impériales et métriques. Cependant, la plupart du temps je suis bien incapable de visualiser les pouces, pieds et livres.

Des limites plus culturelles que linguistiques

Être au contact d’anglophones en permanence me permet d’avoir un anglais plutôt bon. Mais je me rends souvent compte qu’il me manque l’aspect culturel de la langue et beaucoup de références.

Je suis perdue quand on parle de politique, il est rare que je connaisse une célébrité et j’ai zéro culture télévisuelle nord-américaine (à part peut-être les séries des dix dernières années). Autant je peux me mettre à jour concernant les gouvernements actuels aux niveaux provincial et fédéral, autant je n’aurai jamais vraiment d’autres références des années 1990 que celles de mon enfance en France. 

Finalement, je pense être intégrée à Toronto parce que je m’y sens bien.

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*** Cet article participe au RDV #HistoiresExpatriées organisé par le blog L’occhio di Lucie. Le thème du mois a été suggéré par Eva du blog French nippon. ***

9 Commentaires

  • Répondre Sophie 18 décembre 2018 à 22 h 19 min

    La dernière phrase résume tout : se sentir bien là où on est dans son nouveau pays 🙂
    Je crois qu on est beaucoup avec ces décalages culturels difficilement rattrapables. Je me suis rendue compte qu il y avait certaines références de films ou de séries, que je ne comprenais pas, car je ne savais pas de quoi on parlait : en version française le titre avait été changé, et impossible de faire le rapprochement avec la version VO. Le seul exemple qui me vient en tête c est les BD avec Picsou et Donald duck (ouais ça c est de la super référence n est-ce pas ? :p mais c est quasiment le cas pour toutes les séries et films dont les titres ont été traduits…

    • Répondre Cécile 21 décembre 2018 à 14 h 37 min

      Entièrement d’accord pour les traductions. Un jour j’ai réalisé que « Home alone » et « Maman j’ai raté l’avion » étaient le même film !

      • Répondre Siobhan 16 janvier 2019 à 0 h 38 min

        le pire etant les titres anglais traduits…en anglais pour la france ! on croit avoir le bon titre, sauf que le canadien en face de nous ne comprend pas la reference

  • Répondre Mon intégration en Corée du Sud – étoile verte 18 décembre 2018 à 23 h 12 min

    […] Cécile, au Canada […]

  • Répondre Kelly 22 décembre 2018 à 19 h 21 min

    Adopter les codes, c’est le secret 🙂 Comme dit Sophie, la dernière phrase de ton article résume tout de l’intégration !

    • Répondre Cécile 24 décembre 2018 à 15 h 49 min

      Cela doit être vrai alors 😉

  • Répondre #Histoires Expatriées : Mon intégration au Japon – QUOTIDIEN D'UNE EXPATRIÉE AU JAPON 28 décembre 2018 à 3 h 33 min

    […] Cécile au Canada > Analepses vagabondes  […]

  • Répondre Eva 28 décembre 2018 à 5 h 27 min

    De retour en France pour quelques semaines, je prends enfin le temps de lire tout le monde.
    Effectivement, selon notre origine ou notre apparence il nous sera plus facile ou difficile de nous intégrer, voire d’être accepté par les locaux. Je le constate également au Japon, c’est plus simple pour les étrangers blancs que pour ceux qui ont la peau noire ou les Chinois…
    Merci pour ce partage, je suis ravie de savoir que tu te sentes bien là bas, c’est le plus important ! ^^

    • Répondre Cécile 2 janvier 2019 à 20 h 37 min

      Merci pour ton commentaire ! Je crois qu’il y a des préjugés qui nous arrangent, d’autres pas, et finalement on ne se rend pas forcément compte de nos privilèges.

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