Les étranges pharmacies canadiennes.

Le monde étrange des pharmacies

Depuis que je vis au Canada, je me rends à la pharmacie de temps en temps, et pas forcément parce que je suis malade. J’ai mis des mois avant de finir par m’habituer aux étranges pharmacies canadiennes. Pratiquement chaque visite a été, et est encore, l’occasion d’un nouvel étonnement.

*** Suite à mon article des Histoires expatriées sur le système médical en Ontario, je déterre celui-ci du tréfonds de mes brouillons. ***

Les franchises

On oublie la pharmacie qui porte le nom du quartier et qui ressemble à un petit commerce familial. Ici, la très très grande majorité des pharmacies sont des enseignes franchisées appartenant à quelques chaînes. À Toronto, on trouve essentiellement Rexall et Shoppers Drug Mart.

Chaque magasin fait la taille d’un supermarché, parfois ouvert tous les jours 24h/24, où l’on trouve tout plein de choses qu’on ne soupçonnerait pas dans un tel endroit.

Les étranges pharmacies canadiennes.
Ceci n’est pas la réalité à Toronto.

Des médicaments, mais pas seulement

En général, me direz-vous, on va à la pharmacie pour acheter des médicaments. Au Canada, on en trouve une bonne partie en libre-service répartie dans plusieurs rayons. Un peu déroutant au début, il faut faire son auto-diagnostic puis consulter tous les choix pour trouver le médicament le plus adapté à son cas. On peut aussi aller demander des conseils à un•e pharmacien•ne.

Mais on peut aussi aller à la pharmacie pour acheter des jouets, des cartes de vœux, des magazines, du maquillage, des produits de beauté, du parfum et de la nourriture. Et là, je ne parle pas seulement de barres de céréales disposées en bout de caisses, mais de rayons entier d’aliments frais, surgelés ou en boîtes. On trouve aussi des jeux à gratter. Certains emplacements disposent aussi d’un espace pour faire des photos d’identité officielles, indispensables pour toutes les démarches liées à l’immigration par exemple. Oui, j’ai fait mes photos officielles pour la RP dans une pharmacie. Pour régler tous les achats effectués dans les catégories mentionnées ci-dessus, on va à une caisse comme dans n’importe quel supermarché.

Parfois il y a aussi un bureau de Postes Canada, dont les horaires d’ouverture ne correspondent pas forcément à ceux du reste du magasin, parce que pourquoi pas.

Fruits.

Le drop-off

Revenons aux médicaments, car c’est la deuxième raison pour laquelle je vais à Shoppers Drug Mart (la première raison étant l’achat de cire à épiler).

La partie « ordonnance » se trouve en général au fond du magasin. On commence par aller déposer son ordonnance au drop-off. C’est presque une commande de médicaments que l’on passe auprès d’un•e assistant•e pharmacien•ne. Cette personne nous posera parfois quelques questions par rapport à la prescription, puis nous indiquera un temps d’attente.

Certains magasins sont équipés d’appareils qui vibrent une fois que la commande est prête. En général, il faut s’armer de patience, faire des courses sur place, en profiter pour passer à la poste, aller acheter sa livre de carottes au coin de la rue (bien qu’on en trouve probablement dans le magasin) ou alors revenir quelques heures ou jours plus tard.

Ours en peluche malade.

Le pick-up

Une fois que le temps d’attente est écoulé, on peut aller voir au comptoir du pick-up si la commande est prête. Une autre personne nous repose des questions, nous donne des indications et nous fait payer (si on doit payer quelque chose). Il m’est aussi arrivé de devoir me mettre à l’écart en attendant que le pharmacien en chef vienne me prodiguer ses précieux conseils.

Que se passe-t-il pendant ce fameux temps d’attente entre le drop-off et le pick-up ? Les assistant•es préparent tout simplement la commande, qui correspond exactement à l’ordonnance. Ainsi, si vous devez prendre trois comprimés de Truc pendant six jours, vous aurez une petite boîte contenant 18 comprimés de Truc. Et pas une boîte de 32. Une étiquette est apposée sur les contenants (oui, c’est comme dans les films en fait !), qui indique notamment la posologie et le nom de patient ou de la patiente. Cette phase de préparation entraîne des frais fixes : en général, en Ontario on paie 11,99 $.

J’avoue que dans le genre choc culturel, les pharmacies en Ontario (au Canada ?) sont un bel exemple !

5 Commentaires

  • Répondre Kenza 8 décembre 2018 à 19 h 44 min

    Oui, oui, c’est exactement la même chose ici ! Devoir attendre au moins 3h pour mes pilules me rend folle, heureusement que Rexall est juste en face de mon travail… du coup je dépose l’ordonnance et reviens le lendemain. Cartes de voeux, timbres, snacks entre deux cours, tout y passe ! Paradoxal de vendre autant de junk food dans un endroit dédié à la santé mais c’est la même chose en Angleterre, la poste en moins.

    • Répondre Cécile 21 décembre 2018 à 14 h 35 min

      Tiens c’est intéressant, j’avais jamais pensé à Shoppers ou Rexall comme des endroits « dédiés à la santé ». Alors que si je vais dans une pharmacie en France j’ai pourtant bien cette impression… Et oui c’est vrai que c’est pareil en Angleterre !

  • Répondre Fanfate 22 décembre 2018 à 21 h 15 min

    Cela ressemble fort au système américain US ! aussi surpris que toi de voir de l’alimentation dans une pharmacie !

    • Répondre Cécile 24 décembre 2018 à 15 h 50 min

      Ce doit être un truc anglosaxon…

  • Répondre Aurélie 27 décembre 2018 à 9 h 10 min

    Même expérience quand j’étais aux USA ! Je trouve que ce système de ne donner que la dose prescrite est bien, cela évite le gaspillage…

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